Le drame

L'incendie du Bazar de la Charité - la fin annoncée du cinématographe dès 1897.

 

Savez-vous que le "cinématographe" a failli s'arrêter au bout de 2 ans en 1897, à la suite de l'incendie du Bazar de la Charité ?

 

Dès le début du cinématographe, s'est posé le problème de l'énergie lumineuse lorsque les appareils de projections n'étaient pas raccordés à un courant électrique.

au cinéma

 

 

    

Pour les projectionnistes de l'époque, l'acétylène (découvert en 1836 par l'Anglais Humphery Davy) était un combustible de premier choix. L'éclat éblouissant de la lumière fournie avait convaincu, à l'époque, de l'utiliser comme " étalon lumière ". En effet, ne gênant absolument pas la vision, il se rapprochait le plus de la lumière blanche du soleil bien qu'étant très inflammable.

C'est un mélange analogue à l'acétylène qui provoqua le 4 Mai 1897 l'incendie du "Bazar de la Charité" (salle de cinématographe foraine, rue Jean Goujon, près des Champs-Élysées, destinée aux notables de Paris qui versaient quelques oboles et dont les profits étaient destinés aux nécessiteux).

 

Le drame

Vers 16 h 30 survient l'accident fatal : la lampe de projection du cinématographe a épuisé sa réserve d'éther et il faut à nouveau la remplir. Monsieur Bellac, le projectionniste, demande à son assistant Grégoire Bagrachow8 d'allumer une allumette, mais l’appareil est mal isolé, et les vapeurs d'éther s’enflamment.

Quelques instants après, alors que les organisateurs – parmi lesquels figurent le duc d'Alençon – ont été informés de l'accident et commencent déjà à faire évacuer, dans le calme, les centaines de personnes présentes dans le hangar, un rideau prend feu, enflamme les boiseries, puis se propage au velum goudronné qui sert de plafond au Bazar. Un témoin dira : « Comme une véritable traînée de poudre dans un rugissement affolant, le feu embrasait le décor, courait le long des boiseries, dévorant sur son passage ce fouillis gracieux et fragile de tentures, de rubans et de dentelles9. »

Au grondement de l'incendie répondent les cris de panique des 1 200 invités qui tentent de s'enfuir en perdant leur sang-froid. Certaines personnes tombent et ne peuvent se relever, piétinées par la foule tâchant désespérément d'échapper aux flammes.

 

La duchesse d'Alençon dit à la jeune comtesse Mathilde d'Andlau : « Partez vite. Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière. »

 

À l'extérieur, les pompiers arrivent sur les lieux cependant que des grappes humaines surgissent du bazar, transformé en brasier. Quelques-uns des visiteurs tentent de se sauver par la cour intérieure : ils seront sauvés grâce à l’intervention des cuisiniers de l’hôtel du Palais, MM. Gomery et Édouard Vaudier, qui descellent trois barreaux des fenêtres des cuisines pour les aider à s’extirper de la fournaise. L'hôtel du Palais était la possession de la famille Roche-Sautier10.

 

Un quart d’heure à peine après le début de l’incendie, tout est consumé : le hangar n’offre plus l’aspect que d’un amoncellement de poutres de bois calcinées, mêlées de cadavres atrocement mutilés et carbonisés.

 

« On vit un spectacle inoubliable dans cet immense cadre de feu formé par l'ensemble du bazar, où tout brûle à la fois, boutiques, cloisons, planchers et façades, des hommes, des femmes, des enfants se tordent, poussant des hurlements de damnés, essayant en vain de trouver une issue, puis flambent à leur tour et retombent au monceau toujours grossissant de cadavres calcinés11. »

— Le Figaro du 5 mai 1897

 

En 10 minutes, tout était calciné.

 

Bilan plus de 120 morts, banquiers, hommes d’affaires, personnalités parmi lesquelles la Duchesse d'Alençon, soeur de l'Impératrice Sissi.

 

A la suite de ce désastre (concernant des hommes puissants), les députés Français firent tout pour que le "cinématographe" soit purement et simplement interdit dans le Monde entier.

 

Ce fût, et heureusement, peine perdue, puisqu'il a fêté ses 100 ans en 1995.

 

Le Cinéma s’expose dispose de la même cuve et du même système d’éclairage à acétylène de 1897 qui a embrasé le cinéma “Le Bazar de la Charité“ et peut les présenter lors d’une exposition.